• "Chétif et la Mort"

    Ce conte a été écrit dans le cadre d'un hommage au célèbre auteur de fantasy Terry Prattchet, auteur apprécié pour son inventivité, son sens de l'humour et de l'absurde, mais aussi pour sa sagesse et sa chaleur humaine.

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    "Chétif et la Mort"

     

     

    Il n’aurait jamais dû aller si loin, seul. Lys serait furieuse si elle venait à l’apprendre, et ce fut l’évocation du courroux de sa sœur qui insuffla à Chétif la force de résister à la lame de douleur et de nausée qui menaçait de le submerger. Il sourit faiblement, comme la truffe inquisitrice et humide de Grisette frôlait ses joues. La rate le poussait du nez, couinant doucement, en un son plaintif et mélodieux, ses longues moustaches lui chatouillant le nez, mais Chétif ne se sentit pas la force de lever une main pour la caresser. Ses bras, le long de son corps, étaient aussi lourds que des arbres couchés. Il ne s’était pas blessé en tombant de Grisette – du moins lui semblait-il –, mais une extrême lassitude le clouait au sol, tandis qu’il essayait vainement de reprendre son souffle, son pauvre cœur malade battant la chamade.

    Grisette gémit de nouveau, s’allongeant tout contre lui, et l’image de Lys, les poings sur les hanches, ses yeux bleu vif luisant de colère, s’imposa de nouveau à l’esprit embrumé du farfadet. Au prix d’un immense effort, il réussit à lever une main tremblante pour soulever le rabat de la sacoche attachée à la selle de Grisette. Il saisit entre deux doigts malhabiles la petite fiole qu’elle contenait, puis rabattit son poing serré contre son cœur, dans un soupir exténué.

    Il sombrait de nouveau dans les brumes de l’inconscience quand une petite toux sèche, discrète mais impérieuse, le tira de sa torpeur.

    — IL EST TEMPS, prononça une curieuse voix, rauque et atone.

    Une silhouette sombre et maigre se dressait aux pieds de Chétif. Il soupira, sans trouver la force de répondre, d’un tout petit soupir trembloté, tandis que ses mains ôtaient  maladroitement le bouchon de bambou du flacon de verre coloré.

    — C’EST INUTILE, ajouta l’inconnu d’un ton presque agacé.

    Mais Lys avait été très claire sur les mesures d’urgence, et Chétif, sans prêter plus d’attention aux étranges propos du nouvel arrivé, avala d’un trait le contenu de la fiole, la tête soutenue par le museau chaud et humide de Grisette. Le goût du breuvage était déplaisant, bien plus fort que la potion qu’il prenait chaque soir et chaque matin, mais il avala le tout sans sourciller.

    — BON, JE N’AI PAS QUE ÇA À FAIRE, MOI, maugréa l’ombre d’une voix toujours aussi caverneuse et maintenant franchement exaspérée.

    La vue de Chétif s’éclaircissait déjà, et son cœur ne s’agitait plus comme un oiseau affolé dans sa poitrine, ralentissant peu à peu, ses battements s’organisant selon le boum-ta boum-ta habituel. Il se dressa sur un coude, ses yeux myopes clignant dans la clarté du matin ensoleillé : la haute silhouette encapuchonnée, toute de noir vêtue, se détachait à contre-jour sur le ciel bleu lavé.

    Chétif s’assit péniblement et se frotta les yeux. Grisette trépignait de joie, s’ébrouant et relevant les lèvres sur ses dents jaunes. Le farfadet lui flatta le cou et murmura :

    — Bonjour... Je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous avoir déjà rencontré, messire.

    — HURMFF, répliqua l’inconnu dans un bruit de vieilles coquilles de noix. PERSONNE NE S’EST JAMAIS VANTÉ DE M’AVOIR RENCONTRÉ PLUS D’UNE FOIS, JEUNE FARFADET. JE SUIS LA MORT, précisa-t-il d’une voix encore plus sinistre, comme son interlocuteur le dévisageait poliment, les sourcils levés.

    — Je ne voudrais pas vous contrarier, messire, répondit Chétif en se levant lentement, une main cramponnée à la selle de Grisette, mais vous ne ressemblez aucunement à Dame Mort.

    La personne qui prétendait être la Mort en personne parut tout à fait offusquée et repoussa d’un geste théâtral sa capuche, dévoilant un visage très pâle et très osseux.

    — Ciel ! Quelle mauvaise mine vous avez, s’exclama Chétif en mettant laborieusement un pied dans l’étrier de jonc tressé. Vous devriez aller voir ma sœur, ajouta-t-il dans un grognement, alors qu’il tentait de se mettre en selle. Elle est, elle est... guérisseuse, finit-il dans un souffle, comme il réussissait, après trois tentatives infructueuses, à se mettre enfin en selle.

    — VOUS NE POUVEZ PAS PARTIR COMME ÇA, s’indigna Celui-qui-se-prenait-pour-la-Mort.

    — Je suis désolé, messire, mais je dois rentrer. Ma famille doit déjà s’inquiéter. Si vous voulez demander conseil à Lys, notre village est au-delà du massif de joncs, à tire-d’aile vers l’Arbre Le Plus Haut, à gauche du buisson d’aubépines, à environ cent pas.

    Ses propos n’étaient pas vraiment clairs, mais Chétif était épuisé, son souffle était encore court et saccadé, et des étoiles noires dansaient devant ses yeux. D’un petit claquement de langue, il incita Grisette à se mettre en marche. La rate des champs partit en trottinant, et Chétif ferma les yeux, se fiant à son amie pour le ramener à bon port, sans même un regard pour la haute silhouette de l’inconnu, qui marmonnait entre ses dents ::

    — COMME SI J’AVAIS BESOIN D’UN PLAN POUR TROUVER MES CLIENTS…

    Cette curieuse rencontre ne laissa que peu de souvenirs à Chétif. Il était si faible au retour de son escapade qu’il garda le lit des jours durant, sous la garde vigilante de sa sœur, les détails de l’entrevue avec le mystérieux étranger s’effaçant peu à peu de sa mémoire.

    ***

    Chétif était né deux saisons après Lys, aux premiers frimas, quand les feuilles deviennent toutes rousses. Il était si petit, si malingre, si faible, que sa mère ne crut pas un seul instant qu’il pût survivre. Elle le nomma négligemment Chétif et s’en désintéressa aussitôt, le laissant aux soins de sa sœur, une jeune farfadette vive et sérieuse, déclarant que ça lui ferait de l’entraînement pour plus tard.

    À la surprise de tous, Chétif survécut ; et s’il resta toujours pâle, d’une pâleur transparente, presque bleutée, et petit et maigrichon, il grandit peu à peu. Tous savaient que cette survie miraculeuse était l’œuvre de Lys, dont la renommée de guérisseuse ne faisait que croître. La jeune farfadette utilisait de nombreuses plantes pour soigner son frère, en particulier la digitale, une fleur majestueuse qui poussait à profusion à la belle saison, et dont la vieille Pistil, qui avait appris son art à la petite Lys, avait fait de belles réserves.

    Tous les farfadets vivant aux alentours de la Grande Eau Plate Qui Miroite savaient que la famille de Chétif et de Lys était magique.

    N’était-ce pas magique de faire vivre, jour après jour, un vilain bébé sans force ? De soigner les plaies suintantes, les pieds fendillés, les gueules enflées et les bras cassés? Et cette capacité incroyable de la petite crevure, murmurait-on sous les feuillages et derrière les roseaux, d’attirer des animaux sauvages, comme ce gros rat velu et cette coccinelle ventrue ?

    Bien entendu, il n’y avait rien de magique à tout cela. À moins d’appeler magie les efforts incessants de Lys pour apprendre, semer, récolter, conserver, expérimenter, soigner, ou encore l’immobilité forcée d’un farfadeton, trop faible pour jouer, courir, sauter et grimper comme tous les autres petits.

    C’était pendant l’une de ces journées, durant lesquelles Chétif restait enveloppé dans des couvertures, observant avec envie, à travers quelques branchages dénudés, les autres farfadetons chahuter, qu’il avait fait la connaissance de Point-Point, son amie coccinelle. Celle-ci cherchait désespérément un abri pour passer l’hiver, et Chétif avait réussi, en déployant des trésors de patience, à la convaincre de partager son logis.

    Peu après, au cours d’une promenade, il avait trouvé un bébé rate à demi morte de faim. S’apitoyant sur le sort de ce petit être abandonné, il l’avait ramené jusqu’à chez lui, puis l’avait nourri et soigné jusqu’à ce que la rate soit devenue grande et forte, son poil brun-gris dense et lustré, son ventre dodu et ses yeux noirs et vifs.

    Ce fut pendant les longues journées de printemps, alors que les jeunes farfadets commençaient à se cacher deux par deux dans des petits coins secrets, que Chétif eut l’idée de fabriquer une selle pour Grisette, l’accoutumant peu à peu à supporter son modeste poids. (Il confectionna également, à l’aide de fils de soie d’araignée – gracieusement offerts par une autre de ses amies – un harnais spécial coccinelle et une petite nacelle assortie. Mais Point-Point, malgré toute sa bonne volonté, ne put jamais décoller avec Chétif comme passager. C’était à prévoir, bien sûr, étant donné la petite taille de la coccinelle, mais Chétif avait espéré un nouveau miracle...).

     ***

    La première entrevue avec Celui-qui-se prenait-pour-la-Mort avait eu lieu après que Chétif eut atteint la maturité et sa première année. Une saison plus tard, à la stupéfaction générale, la belle Mariette, aux joues roses et aux bras ronds, décida d’épouser Chétif. Nul n’en fut plus surpris que Chétif lui-même, mais la jeune farfadette savait exactement ce qu’elle voulait ; et ce qu’elle voulait, c’était Chétif, tout petit, tout faible, tout malingre et tout myope qu’il fût. Ils se marièrent donc, sous l’abondant feuillage de l’Arbre Sacré, dont les longues branches frôlaient le sol, dansant dans la brise d’été. Puis ils s’éclipsèrent, suivant le chemin de pétales odorants éparpillés sur le sol herbeux, s’avançant vers Grisette et sa selle fleurie, s’éloignant au petit trot vers le coin secret de Mariette, Point-Point vrombissant gaiement au-dessus d’eux, ébouriffant les tresses brunes de la jeune mariée et arrachant quelques fleurs qui tourbillonnèrent dans l’air tiède avant de planer doucement jusqu’au sol.

    Ils se marièrent donc et eurent beaucoup d’enfants, tous aussi sains et forts que leur mère : Tenace, Vigoureux, Infatigable, Vivette, Sagesse et une petite dernière, Digitale.

    ***

    Un jour d’automne, peut-être fatigué par sa turbulente progéniture, Chétif s’aventura un peu plus loin que de coutume. Les femmes le surveillaient avec vigilance, et il éprouvait parfois le besoin, certainement un peu immature, mais bien compréhensible, de leur échapper.

    Il faisait presque noir, l’heure était bien tardive pour un farfadet isolé, mais Chétif, perdu dans ses pensées, ne vit pas les ombres s’épaissir. Grisette le suivait en furetant, et Point-Point voletait non loin, quand, tout en haut de l’arbre au pied duquel Chétif s’était installé pour se reposer, un chant inquiétant résonna.

    Le farfadet se redressa, l’oreille aux aguets, son cœur malade tambourinant douloureusement contre ses côtes.

    — Hou, hou, jeta le prédateur, comme pour le narguer.

    — ENFIN ! CE N’EST PAS TROP TÔT.

    Une grande ombre, surgie de nulle part, se laissa tomber sur le sol moussu. Chétif sursauta et se leva  d’un bond, son regard affolé scrutant la pénombre avant de s’arrêter sur la personne assise à ses pieds.

    — BON, ON Y VA, PAS LA PEINE DE TERGIVERSER, LE TEMPS DE FAIRE QUELQUES PAS ET CE SERA FINI, commenta la silhouette efflanquée en se relevant dans un curieux cliquetis, ses longues mains, très maigres et très blanches, s’attardant sur les plis de sa robe sombre, comme pour en chasser quelque brindille.

    — Qui êtes-vous ? murmura Chétif d’un ton absent, toute son attention sur la chouette affamée qui planait en larges cercles, à la recherche d’une proie juteuse (ou à défaut une proie maigrelette et blême).

    — JE VOUS L’AI DÉJÀ DIT, JE SUIS LA MORT. ALLEZ, ON Y VA. HOP, HOP, HOP !

    Dame Mort ne vous ressemble aucunement, murmura fiévreusement Chétif, avançant à pas furtifs, guettant le prédateur, espérant contre tout espoir qu’il se fût éloigné. Lys m’en a longuement parlé, quand j’étais tout petit, et toujours à deux doigts de succomber. Dame Mort est vêtue d’une longue robe de soie d’araignée, douce et brillante, son visage est illuminé d’un sourire radieux (un grincement irrité se fit entendre, mais Chétif n’y prêta aucune attention) ; sa voix est douce et pure comme la pluie d’été et ses mains sont fraîches comme la rosée.

    La chouette choisit cet instant pour plonger vers le farfadet qui cherchait à fuir dans les herbes rares, talonnée par la haute silhouette noire.

    —  BON, ET BIEN, PEUT-ÊTRE, MAIS TU VAS DEVOIR FAIRE AVEC MOI. NE FAIS PAS LE FARFADETON, CHÉTIF, TU AS DÉJÀ VÉCU BIEN PLUS QUE TON TEMPS, TU LE SAIS BIEN.

    Ces sages propos furent perdus pour l’intéressé, qui glapissait de terreur, ses yeux dilatés d’effroi fixés sur la chouette qui venait de le repérer. Mais au moment où l’oiseau de proie fondait sur le farfadet, une masse de fourrure le bouscula, couinant bruyamment, et le prédateur, reconnaissant un repas prometteur quand il se jetait sous son bec, changea de cible sans rechigner.

    Chétif poussa un cri d’angoisse, mais eut également la présence d’esprit de se hâter vers le sentier qui menait à un chemin secret, enfoui sous les broussailles, hors de la vue perçante de l’oiseau. Il s’affala à l’entrée du tunnel végétal, une main sur la poitrine, l’angoisse lui coupant tout autant le souffle que son cœur fatigué.

    Quand Grisette arriva à son tour, quelques minutes plus tard, Chétif jeta ses bras autour du cou de la rate, à cours de mots, se jurant de ne plus jamais se montrer aussi irresponsable. Il accorda une vague pensée à l’inconnu, planté à l’entrée du tunnel, s’étonnant fugacement que celui-ci ne semble pas craindre les chouettes cruelles, et s’interrogeant sur sa manie de lui rendre visite aux moments les plus inopportuns.

     ***

    Celui-qui-se prenait-pour-la-Mort se manifesta souvent durant les saisons qui suivirent. Et Chétif, malgré ses réticences, finit par concevoir quelques doutes, de plus en plus précis. Mais il se garda bien de les formuler à haute voix. Après tout, si la Mort se décidait enfin à l’emporter dans ses bras forts et attentionnés, elle pourrait faire l’effort d’apparaître gracieuse et avenante, non ? Lys le lui avait promis, et Chétif estimait qu’il pouvait l’exiger.

    D’ailleurs il ne voyait pas l’intérêt de mourir jeune et le fit clairement comprendre à son visiteur insistant, alors qu’il survivait à une infection respiratoire durant un hiver très rigoureux, à une chute dans un trou de lapin (Point-Point donna l’alerte et les secours ne tardèrent pas), à un coup de chaleur (alors qu’il avait oublié son chapeau pour une longue partie de pêche en coque de noix sous l’impitoyable soleil d’été) ou à chaque fois que son cœur battait de l’aile, le laissant inerte, le teint blême, son corps amaigri et gonflé aux soins vigilants de Lys.

    À ces occasions-là, pendant les longs moments où Chétif ne se décidait pas à mourir, Celui-qui-se prenait-pour-la-Mort et le farfadet s’entretinrent de choses et d’autres, de la pluie et du beau temps, de petits riens, et ces moments-là devinrent chers au farfadet vieillissant...

     ***

    Un soir d’été, alors que ses petits enfants jouaient avec d’aigus petits cris de bonheur, se bombardant de pollen et même de noyaux de cerise (au péril de leur arrière-train, mais Chétif faisait volontiers le ver de terre face aux facéties de ses petits-enfants adorés), Chétif sentit que son heure était peut-être, enfin, arrivée. Son épouse aimante, si forte et si résolue, s’était éteinte l’hiver dernier, tout comme Lys, quelques semaines plus tard, emportée par une fièvre que même Digitale, pourtant aussi douée que sa tante, n’avait pu soigner.

    Point-Point et Grisette avaient elles aussi quitté les rivages de la Grande Eau Plate Qui Miroite et Chétif, bien qu’il fût entouré et chéri par sa famille, se sentait souvent très seul. Aussi, quand son tenace visiteur lui accorda une nouvelle visite, Chétif l’accueillit-il avec plaisir et soulagement. D’ailleurs, Celui-qui-se prenait-pour-la-Mort (et qui l’était en effet, Chétif l’avait admis depuis longtemps) avait fait des efforts ce jour-là, efforts qui méritaient d’être récompensés. Son corps squelettique (c’était un vrai squelette ; Chétif avait eu l’occasion de vérifier dans l’étroit terrier de lapin où il s’était retrouvé nez à nez avec son visiteur : ni la pénombre ni ses yeux myopes ne l’avaient empêché de dévisager longuement le crâne nu aux orbites creuses qui lui faisait face) son corps squelettique, donc, était recouvert d’une longue robe chatoyante en fils d’araignée, et un voile arachnéen recouvrait son visage – ou ce qui en tenait lieu.

    — ÇA TE PLAIT ? demanda la Mort après quelques minutes tranquilles à contempler les farfadetons s’ébattre dans la lumière déclinante.

    — C’est très beau, je te remercie, répondit Chétif. Bon, ta voix n’a pas la douceur de la pluie d’été, mais ta tenue est très gracieuse. D’ailleurs je suis prêt à partir.

    La Mort tourna la tête vers lui dans un claquement osseux.

    — TU PLAISANTES ?

    — Plaisante-on avec la Mort ? rétorqua Chétif.

    — EUH... NON. EN GÉNÉRAL PERSONNE N’A LE COEUR À RIRE, admit la Mort. C’EST REGRETTABLE, BIEN SÛR, MAIS ÇA FAIT PARTIE DES INCONVÉNIENTS DU BOULOT. IL Y A PAS MAL D’AVANTAGES, TU SAIS ! JAMAIS DE CLIENTS MÉCONTENTS, AUCUNE RÉCLAMATION, ON TRAVAILLE AVEC DES GENS DIFFÉRENTS CHAQUE JOUR... C’EST PAS SI MAL.

    Chétif sourit. Il n’avait jamais vu son vieil ami si bavard...

    — Allez, mon vieux, il faut y aller, inutile de tergiverser, j’ai fait mon temps !

    Derrière le voile soyeux la Mort sembla le dévisager, avant de soupirer, d’un soupir très humain, qui ne souleva pourtant pas la fine mousseline.

    — OUI, TU AS RAISON. MAIS TU VAS ME MANQUER, CHÉTIF.

    Chétif ne répondit pas. Il sourit, tapotant la main gantée de son ami puis, tout bonnement, dans un dernier souffle paisible, mourut.

     

     

     

     

     

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    Ce conte est un hommage à Terry Pratchett, un auteur hors pair, un homme brillant, drôle et chaleureux.

    J'avais écrit ce court texte, à la manière des contes que j'ai tant lus enfant, lors d'un appel à textes pour une anthologie centrée sur l'extraordinaire personnage de la Mort, qui revient régulièrement dans les romans de l'auteur.

    Si vous êtes, vous aussi, un admirateur reconnaissant des histoires pleines de drôlerie, de sagesse et de chaleur humaine de Terry Pratchett, n'hésitez pas à participer à cette belle initiative, en proposant un mot, une histoire, un dessin, ici :

    Terry Pratchett lives Forever

    Quelques semaines après la mort de Terry Pratchett, un homme qui a longuement lutté pour faire accepter le droit légal à l'euthanasie en Grande-Bretagne, j'ai souhaité publier ce conte, qui me tient beaucoup à cœur, et à le proposer gratuitement.

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